Skip to main content

Conflit : Quel rôle faut-il adopter ?



Mon rôle dans le conflit

Mais c’est lui qu’a commencé ! Ou « mon rôle dans les conflits ? » 

Mais c’est lui qu’a commencé !

L’autre soir, à la maison, scène habituelle de fin d’un dimanche après-midi. Je surprends mon fils en train de se moquer de son petit frère.

Moi : « Veux-tu bien arrêter de te moquer de ton frère ? »

Mon fils : « Mais c’est lui qu’a commencé ! »

Une phrase réservée aux enfants ?

Combien de fois n’a-t-on pas entendu cette réponse de la part de quelqu’un qui se voit reprocher un comportement inadéquat ?

Apanage des jeunes enfants qui se disputent. Que ce soit à la maison entre frères et sœurs, dans la cour de récré avec ses camarades de classe ou dans toute autre activité sportive.

Certes, mais cette réponse existe aussi sous bien d’autres formes plus subtiles entre adultes : 

Quand  je :

-m’obstine à répondre à une suite de mails incendiaires par un autre mail incendiaire en mettant toute la hiérarchie en copie.

cache intentionnellement des données du projet à un tiers sous prétexte que lui ne partage pas non plus les informations.

claque la porte de la réunion en sortant après que mon collaborateur ait fait de même.

-me permets d’arriver en retard en réunion car mes autres collègues le font aussi.

ne dis pas bonjour à mon chef sous prétexte qu’il ne le fait pas non plus.

Un comportement qui interroge

Au travers ce genre de réponse ou de comportement,

deux choses m’interpellent :

-La source du problème semble être systématiquement extérieure.

C’est avant tout l’autre qui est responsable et je subis son « agression » en oubliant ce qui, chez moi, a pu provoquer chez l’autre ce comportement.

Le fait que l’autre ait un comportement inadéquat semble excuser/justifier que je fasse de même.

Par quelle magie est-il si facile pour nous de reproduire un comportement que nous savons inadéquat par le simple fait que notre interlocuteur agisse ainsi ?

Le conflit est circulaire, pas linéaire.

A écouter la plupart des gens, le point départ du conflit / de l’agression est toujours à chercher chez l’autre, tout semble indépendant de tous nos faits et gestes précédents. C’est comme si l’histoire démarrait « tout à coup » chez l’autre.

Or il est rare que deux personnes rentrent en conflit à leur toute première rencontre.

Il s’agit plutôt d’un effet d’influence réciproque et négative qui finit par éclater en conflit à l’occasion d’un évènement « mineur », la fameuse goutte qui fait déborder le vase.

Le conflit est en réalité à considérer bien plus de façon circulaire et itérative que linéaire (un point de départ et un point d’arrivée).

Chaque boucle d’interactions influence le ressenti et le comportement de chacun. Mes pensées et mes ressentis vont influencer mon comportement qui, à son tour, va influencer les pensées et le ressenti de mon interlocuteur. Il adoptera en conséquence un comportement qui en retour va générer chez moi de nouvelles pensées et de nouveaux ressentis, influençant de nouveaux comportements… et on continue ainsi à boucler.

Difficile de dire après plusieurs tours de boucle d’où vient réellement le problème.

C’est comme savoir qui existait en premier : l’œuf ou la poule ?

C’est l’histoire de Pierre, manager dans une entreprise, en conflit avec Christophe, le dernier arrivé de ses collaborateurs, à qui il reproche son manque d’initiative, son manque de prise de décision. Pierre se plaint de façon de plus en plus virulente qu’il s’épuise à faire avancer tous les dossiers, à tout décider.

Il est même prêt à se séparer bientôt de Christophe lui reprochant sans cesse manque d’initiative, son manque d’autonomie.

Jusqu’à ce jour où je lui demande, d’après lui, en quoi son propre management pouvait influencer le comportement critiqué chez son collaborateur.

Quelle part de responsabilité porte Pierre sur les agissements de Christophe ?

A-t-il laissé l’espace suffisant à l’autonomie, a-t-il encouragé la prise de risque ? Comment a-t-il accueilli les premières idées de Christophe ?

La clé pour sortir d’un tel engrenage est avant tout de prendre conscience de sa propre influence dans le problème. Plutôt que de chercher le coupable originel, je préfère annoncer une bonne nouvelle : chacun porte une partie de la solution. 

Plutôt que s’obstiner à vouloir changer l’autre, c’est en se changeant soi-même que l’on peut faire évoluer le système qui dysfonctionne.

« C’est lui qui a commencé ». Peut-être et alors ?

Pris en flagrant délit de dérapage, qu’est-ce qui fait que je me justifie par le simple fait qu’un autre agisse également ainsi ?

Personne sensée par ailleurs connaissant parfaitement les règles du jeu, pour quelles raisons, dans une discussion tendue avec mon interlocuteur, je me permets de répondre aux moqueries par des moqueries ? à l’insulte par l’insulte ? à la violence par la violence ? Entrainé émotionnellement dans une situation conflictuelle je reproduis sans y réfléchir les comportements inadéquats de mon interlocuteur.

Mais plus grave encore : quand on me le fait remarquer. Au lieu d’en prendre conscience et de m’en excuser. Je persiste consciemment dans mon bon droit de déraper sous prétexte qu’un autre a dérapé juste avant moi.

Or à nouveau, il s’agit de prendre pleinement conscience de ma propre responsabilité et de mon propre rôle dans le conflit.

En résumé

Pour sortir du conflit circulaire en 3 étapes :

Quand je me sens pris à nouveau dans ces boucles dysfonctionnelles, avant d’agir.

01 J’inspire amplement avant de parler, j’en profite pour prendre 2 secondes de réflexion. Je ne  me laisse pas entrainer émotionnellement.

02 Je reprends conscience de ma propre influence dans le ressenti et le comportement de l’autre.

03 Je me rappelle que je suis une partie de la solution et que je peux choisir d’agir différemment.

Alors seulement je peux poser de nouveaux actes ou paroles pour influer positivement sur la suite des évènements.

 

Rendez-vous ici pour plus d’articles de ce genre et ici pour lire un article sur la gestion de vos émotions.


Partager notre article :