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Apprendre à Gérer l’Injustice lors d’un Conflit



L’injustice dans le conflit

C’est trop injuste ! Ou décrypter le rôle de l’injustice dans le conflit.

Un terreau fertile.

Le sentiment de subir une injustice est une des sources les plus fréquentes dans les conflits. Et c’est encore amplifié quand ce sentiment d’injustice est répété.

Et le terreau des relations interpersonnelles au travail est particulièrement fertile pour cela !

  • C’est toujours sur moi que ça tombe !
  • La nouvelle qui vient d’arriver a déjà une promotion et moi j’attends depuis 5 ans.
  • Pourquoi lui, il a le droit de rester en télétravail ? alors que moi je suis obligé de venir au bureau !
  • Je veux bien faire des heures sup’, mais c’est toujours moi qui m’y colle et jamais les autres !
  • Pourquoi c’est toujours à Joël qu’on accorde des congés à Noël et pas à moi ?

A noter que ce n’est pas tant la contrainte vécue qui est un problème (on sait tous qu’il faut parfois faire des efforts) que le sentiment d’une répartition inégale et injuste des efforts.

« Je veux bien faire des efforts mais à condition que tout le monde s’y mette ! »

Deux écueils :

Bien sûr il est de la responsabilité du manager de veiller à une répartition équitable des tâches, des efforts etc.

Le but n’est pas ici de disserter sur les actions managériales de justice sociale, mais plutôt d’identifier les biais qui peuvent amener faussement chez soi-même ou un collaborateur ce sentiment d’injustice.

Je voudrais donc revenir sur 2 écueils qu’il me paraît important de souligner :

  • Confondre équité et égalité.
  • Croire que tout m’est dû.

L’équité n’est pas l’égalité.

  • L’égalité consiste à donner à chacun une part égale. Elle est objective et peut se mesurer.
  • L’équité consiste à donner à chacun une part en juste adéquation avec ses propres besoins et capacités. Elle est subjective et ne se mesure pas trivialement.

EXEMPLES

Un de mes collaborateurs peut avoir besoin que je passe une demi-journée avec lui pour démarrer son projet quand je suis capable de confier un projet à un autre collaborateur en moins d’une demi-heure.

L’un est nouveau sur le poste, ne connaît pas les interlocuteurs et a besoin de soutien pour oser les premiers pas en autonomie quand le second est expérimenté et d’un naturel plus fonceur.

L’une des personnes de mon équipe, à la santé fragile et particulièrement autonome, se verra accorder la possibilité de rester en télétravail quand son collègue, sans restriction médicale, devra assurer une présence physique au bureau. Chacun en fonction de ses besoins et ses capacités.

Au lieu de définir pour mes collaborateurs des objectifs annuels identiques et des primes correspondantes égales, j’adapte les objectifs individuellement en fonction des contextes de chacun, des projets en cours, des efforts personnels nécessaires (ce qui est plus facile pour l’un ne l’est pas forcément pour les autres) et des besoins de chacun.

Certes l’égalité est le fondement de notre société, nous sommes tous égaux en droits et nous devons pouvoir bénéficier des mêmes chances.

Mais les trois cas ci-dessus nous rappellent que la justice sociale se base plus sur la notion d’équité que d’égalité : les moyens que je donne à chaque collaborateur ne sont pas « égaux » mais « justes » en fonction des besoins et des capacités de chacun.

Ainsi donc première piste de réflexion en cas de sentiment d’injustice ressenti :

»Est-ce que je ne suis pas en train de confondre égalité et équité ?

»En faisant abstraction des autres, est-ce « juste » pour moi ?

Autant le premier écueil évoqué provenait d’une trop grande comparaison avec les autres, autant cet écueil-ci est plutôt lié à une trop grande concentration sur soi.

Le sentiment d’injustice peut naître également de la conjonction d’un déclencheur (externe) et d’un présupposé (interne) souvent inconscient.

Les présupposés.

Ils correspondent ici à tous les droits imaginaires, les exigences inconscientes qui sont exagérément tournés vers soi en dépit du monde « extérieur » :

  • Mon patron doit me reconnaitre
  • Mes collègues doivent m’accepter tel que je suis
  • L’entreprise doit satisfaire mes besoins,
  • Mon hiérarchique doit valider mes congés tels que je les ai posés,
  • Il doit comprendre que j’ai des contraintes
  • Mes collaborateurs doivent être compétents, irréprochables

Alors que les déclencheurs externes correspondent à toutes ces occasions où les faits ne correspondent pas à nos attentes.

(refus, retard, critique, non reconnaissance…) qui donnent l’impression que l’autre ne nous donne pas notre « dû ».

Dans l’affaire, quand le sentiment d’injustice s’éveille en soi, le reflexe est d’en accuser le déclencheur (externe) alors que c’est bien le présupposé (interne) qui est à interroger.

Il est bon, dans la dynamique de parer ce sentiment, de s’interroger sur sa propre responsabilité dans le système tout entier et de regarder également les conséquences de mes attentes sur mon environnement.

Les conséquences de mes présupposés sont-elles acceptables pour mon environnement ?

Mais mes présupposés sont-ils légitimes dans l’organisation à laquelle j’appartiens ?

Ainsi donc deuxième piste de réflexion en cas de sentiment d’injustice ressenti :

»Ne suis-je pas en train d’accuser le déclencheur plutôt que d’interroger le présupposé ?

»Mon sentiment est-il vraiment légitime par rapport aux règles communes effectivement mises en place (et non pas celles que je me suis imaginées) ?

»En dehors de moi, est-ce « juste » pour les autres ?

En résumé

Alors face au sentiment d’injustice, au lieu de comparer, de compter, de rester centré sur soi je vous propose une respiration en 3 temps :

  1. Je me décentre et observe le système dans son ensemble
  2. Je me place en adulte responsable comme j’aimerais que mes interlocuteurs le soient
  3. J’identifie en toute objectivité :

Ce qui est « juste » pour moi en acceptant que ce ne soit pas « égal» au traitement des autres.

Ce qui est « juste » pour les autres en acceptant que tout ne me soit pas dû.

 

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